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La défense des droits humains à l’ère du numérique

Les droits humains sont les droits que nous avons du simple fait que nous sommes des êtres humains. Ce sont des droits antérieurs à l’État et qui s’imposent à celui-ci. D’ailleurs, il est considéré comme le premier débiteur de ces droits. Par conséquent, les titulaires de ces droits peuvent réclamer ces droits, les défendre par tous les moyens dès lors qu’ils satisfont au régime juridique applicable en l’espèce. À l’ère du numérique, les défenseurs des droits humains ont trouvé un moyen moderne de défendre les droits : le moyen numérique. Mais au fond, quel est le rôle de la technologie dans la défense des droits humains ? La technologie joue un rôle multiple et varié dans la défense des droits humains. Découvrez-en quelques-uns !

La technologie comme moyen de jouissance des droits humains

La technologie, entendue ici comme un outil de jouissance des droits humains, a considérablement joué dans la démocratisation de l’accès à l’information, à la liberté d’expression, au droit au travail, etc. Ces exemples sont en effet non exhaustifs.

  1. La jouissance du droit à l’information

Autrefois, pour avoir accès à l’information, il faut exclusivement se référer aux médias classiques (radios, télés, presse écrite). À l’ère du numérique de nos jours, l’accès à l’information est plus facile même si, subsiste le défi lié à l’éducation aux outils numériques. La croissance des médias sociaux sur diverses plateformes sociales permet d’avoir l’information de partout sur diverses actualités.

  1. La jouissance de la liberté d’expression

La liberté d’expression est un droit fondamental dont la jouissance a pris un coup d’accélérateur grâce aux outils numériques. Par le biais des réseaux sociaux comme Facebook, X, WhatsApp, Instagram, les citoyens peuvent échanger, communiquer, partager, s’exprimer pour mieux se faire entendre. Il y a une dimension d’accessibilité et de facilité qui s’observe dans la jouissance de liberté d’expression. La technologie rapproche des êtres séparés par la distance, par des frontières.

  1. La jouissance du droit au travail

En plus d’avoir accès plus facilement à l’information et à la liberté d’expression, l’outil technologique offre un large parterre d’opportunités de travail. C’est d’ailleurs dans cette dynamique que l’on note l’émergence de plusieurs formes modernes de travail (création de contenus web, marketing digital, blogging, etc.). Ceci allège aussi la tâche à l’État qui est le premier pourvoyeur de ce droit par la création d’un environnement favorable à la jouissance de ce droit.

La technologie comme moyen d’exercice des droits humains

Au-delà de la satisfaction personnelle due à la jouissance des droits, l’exercice de ces droits peut poursuivre un intérêt collectif dont entre autres, la participation citoyenne aux politiques publiques, à la promotion et à la protection de ces droits humains.

  1. Le renforcement de la participation citoyenne

La technologie est devenue le terreau favorable à la participation citoyenne sous toutes ces formes. L’internet et d’autres technologies sont des outils essentiels pour défendre les droits et demander des comptes aux gouvernants. La multiplication des plateformes d’engagement citoyen permet de renforcer l’implication directe des citoyens dans la mise en œuvre des politiques publiques. À cet effet, l’e-démocratie, un concept, qui allie les technologies de l’information et de la communication avec les processus démocratiques, permet au citoyen d’interagir plus directement avec les gouvernants.

  1. La promotion et la protection des droits humains

Les réseaux sociaux constituent un moyen de dénonciation des violations de droits. Ils permettent aussi de mobiliser les citoyens autour d’une cause. Partant, ACL-B milite, écrit, organise, forme, principalement grâce à la technologie. La technologie joue un rôle important dans la promotion des droits humains. Les campagnes de vulgarisation et de sensibilisation sont plus visibles en ligne grâce aux plateformes sociales abritant une large communauté d’internautes. Ces plateformes sont devenues des mécanismes essentiels à la documentation, au suivi et signalement des violations des droits humains. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé les gouvernements à procéder une digitalisation progressive des moyens de saisines et de signalement des juridictions.

En somme, il faut, comme le rappelle Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations-Unies aux droits de l’homme en 2019 dans son discours liminaire que « la technologie numérique offre déjà de nombreux avantages. Sa valeur du point de vue des droits de l’homme et du développement est énorme. Nous pouvons nous connecter et communiquer dans le monde entier comme jamais auparavant. Nous pouvons favoriser l’autonomisation, la diffusion d’informations et l’établissement de procédures d’enquête. Nous pouvons utiliser des communications cryptées, des images satellites et des flux de données pour défendre et promouvoir directement les droits de l’homme. Nous pouvons même utiliser l’intelligence artificielle pour prédire les violations des droits de l’homme et y mettre un terme. »

Par Kami Miléna AGBETOU

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